| Entretien de Réserves Naturelles et de sites d’intérêt biologique
Entre 1997 et 1999, un projet pilote a été initié avec les Naturalistes de la Haute Lesse pour entretenir un premier site d’intérêt biologique de plus de quatre hectares (dans la Réserve Naturelle de Somme et Lesse).
Au printemps, une partie du site est retiré du pâturage pour protéger le développement de certaines variétés de plantes, ce qui n’affecte pas l’entretien de l’ensemble du site par les moutons, surtout durant l’hiver.
Les moutons n’ont quasiment pas été supplémentés ; seulement un peu de pain sec leur a été apporté lors des visites des responsables afin de garder un contact avec les animaux et les maintenir apprivoisés. Les divers intervenants du projet ont été très satisfaits des résultats obtenus par cet entretien par pâturage.
En 2003, dverses expériences de cette gestion par pâturage sont engagées avec le Soay dans d’autres coins de la Belgique, notamment en Campine où un troupeau de 40 Soays sont actuellement utilisés pour l’entretien de sites naturels d’intérêt biologique. D’autres projets où ils pourraient être utilisés sont actuellement formulés.
Etant donné que les ruminants rustiques et plus primitifs (chevaux, vaches Galloway ou Highlands, moutons Soay ou Hebridean,…etc) ont tendance à retrouver plus rapidement leur comportement sauvage que les races modernes, les petits ruminants sont beaucoup moins dangereux à manipuler par les responsables des réserves naturelles que les grands herbivores utilisés jusqu’à présent.
Par contre, il est nécessaire de prévoir des systèmes de rassemblement adéquats tels que des couloirs de contention pour pouvoir les marquer, les trier et les séparer plus aisément.
Sélection : Phénotype et Rusticité
Les moutons Soay qui vivent actuellement
en petits nombres dans des élevages contrôlés ne font pas l’objet
d’une sélection naturelle comme elle a lieu sur l’archipel de
St Kilda. La sélection arbitraire s’effectue donc de manière
très subjective, principalement sur le phénotype. Il est donc
essentiel de préserver une diversité dans le phénotype tout
en ne s’écartant pas du type original.
Taille :
Des observations ont permis de constater que le type de pâturage,
riche ou pauvre, avait une incidence sur la taille moyenne des
troupeaux Soay (cfr le standard de la race). Lors de l’expertise
ou de la sélection d’un bélier ou d’une brebis, il est recommandé
de s’informer sur les caractéristiques pastorales et sur leur
alimentation hivernale.
Toisons :
Certains préfèrent des Soays de type « laineux » et d’autres
des Soays de type « poilus », certains préfèrent des sujets
couleur marron, d’autres couleur café-crème ou beige. Le choix
est laissé à chacun, mais il est vivement conseillé de garder
sinon promouvoir cette variabilité dans les type de toisons.
Cornes :
Sur l’archipel de St Kilda, il existe des Soays avec et sans
cornes et même des Soays avec des cornes déformées. Esthétiquement,
des cornes symétriques sont toujours plus belles, mais l’important
est de ne pas utiliser des béliers avec la pointe des cornes
qui s’incurvent vers la tête (vers la mâchoire en particulier),
mais plutôt des béliers dont la pointe des cornes s’écartent
de la tête.
Viande :
la viande de Soay est une viande maigre avec un goût de venaison.
En effet, étant donné ses caractéristiques génétiques qui en
fait le plus proche parent du mouflon, un goût légèrement sauvage
se retrouve dans sa viande. Par expérience, pour avoir une carcasse
d’une bonne douzaine de kilos de viande encore tendre, l’idéal
est d’abattre ce mouton vers 15-16 mois. Bien sûr les agneaux
de l’année sont encore plus tendres, mais ils ne sont pas très
lourds ! Il ne faut pas oublier que les agneaux de l’année ont
naturellement leur croissance fortement ralentie en automne
afin de se constituer quelques réserves de graisse pour l’hiver.
Au printemps leur croissance reprend jusqu’ à atteindre leur
taille définitive en début d’été. Les études à St Kilda ont
démontré que le poids des moutons Soay croît pendant 4 à 5 ans
avant de se stabiliser.
Génotypage : Contrôle complémentaire contre la « scrapie » ou « EST »
Depuis
l’apparition en Europe de la « tremblante du mouton » (scrapie),
de l’ encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et de la maladie
de Creutzfeld-Jacob, des recherches et des programmes de surveillance
active ont été menées sur les encéphalopathies spongiformes
transmissibles (EST).
L’analyse du niveau de sensibilité génétique aux EST chez les
ovins a permis de déterminer des catégories de profils génétiques.
Ces profils sont répertoriés par des doubles allèles (allèle
= multiple forme que peut prendre un gène) : par exemple ARR/ARQ
ou ARQ/AHQ. L’apparition d’un allèle VRQ mettrait en évidence
des animaux très sensibles aux EST; par contre, l’allèle ARR
mettrait en évidence des animaux très peu sensibles aux EST.
Une mise à l’écart des animaux VRQ et l’utilisation des animaux
ARR dans les schémas de sélection sont encouragées par les autorités
publiques. Indépendamment de l’efficacité potentielle de ce
type de sélection génétique, l’abandon des critères de sélection
spécifiques à la race Soay entraînerait inévitablement une perte
de diversité génétique préjudiciable à la sauvegarde de la race. |