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Au Nord de l’Europe, l’apparition
des moutons sauvages domestiqués est concomitante avec la déforestation
progressive des espaces boisés et le développement de l’agriculture
et du pastoralisme, soit 3.000 ans avant notre ère (NB : le
développement de l’agriculture et du pastoralisme aurait commencé
6.000 ans avant notre ère au Moyen-Orient). Durant les deux
derniers millénaires, des moutons du Proche-Orient, sélectionnés
pour leur laine, leur viande ou leur lait, ont été introduits
progressivement dans les troupeaux de moutons européens.
Cette hybridation est appelée « mérinisation » car le Mérino
en fut un des principaux contributeurs. Les troupeaux de moutons
des peuplades scandinaves ont été aussi les derniers à subir
la « mérinisation ». Grâce à l’éloignement et aux difficultés
d’accès de cette île Soay, un noyau de mouton sauvage domestiqué
a pu être ainsi préservé durant des centaines d’années, voire
des millénaires. Ce mouton primitif apparaît aujourd’hui tel
qu’il existait il y a 3.000 ans, sans avoir subi une hybridation
avec des races plus évoluées. |

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Soay, mouton sauvage domestiqué et le plus proche
parent du Mouflon Les seuls éléments qui nous permettent de
situer le Soay dans l’évolution des races de moutons ce sont
sa toison et son squelette. Grâce aux découvertes archéologiques
dans d’anciennes tourbières, certains chercheurs ont pu déterminé
que ce type de mouton primitif serait à ce jour le plus proche
parent du mouflon et le mouton sauvage le plus anciennement
domestiqué d'Europe. |
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En effet, le Prof. Michael Ryder a examiné les
fragments de peau et les vestiges textiles de sépultures datant
de l’Âge du Bronze (3.000 à 4000 ans avant notre ère). Ces étoffes
nous renseignent non seulement sur le diamètres des fibres de
laine de cette période préhistorique mais également sur leur
couleur marron, héritée du mouton sauvage ancestral. D’après
les diamètres de leurs fibres, les toisons de Soay correspondent
aux toisons moyennement crineuses et aux toisons de finesse
moyenne de l’Âge du Bronze. |
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Encore aujourd’hui
dans les descendances de moutons Soay, nous pouvons remarquer
des Soay « poilus » et des Soay « laineux ». Les premiers ont
des jarres qui chez le bélier apparaissent dans une crinière
plus ou moins développée ainsi que des jarres gris sur les flancs
des béliers et brebis tandis que les seconds ont une toison
plus dense avec peu de jarres (bélier sans crinière).
Sa présence sur cet archipel fait l’objet de trois hypothèses
principales :
| soit ces moutons seraient naturellement parvenus dans
les lointaines Hébrides à la fin de l’Epoque Glaciaire,
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soit ils auraient été amenés par les premiers occupants
de ces îles,
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| soit ils auraient été déposés par les Vikings comme
réserve de nourriture lors de leurs invasions. |
Ces deux dernières hypothèses sont actuellement les plus soutenues
en attendant les résultats des fouilles archéologiques plus
approfondies sur cet archipel.
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Les moutons Soay sur
Hirta L’histoire des derniers habitants de ces îles nous renseigne
sur ce qui s’est passé depuis le début du 18ème Siècle : en
1727, les habitants vivant sur Hirta ont été décimés par la
variole.
Des trente derniers survivants, le nombre remonta jusqu’à 100
et se maintint ainsi jusqu’en 1856. A cette date, 36 émigrèrent
en Australie et en 1928, ne restèrent qu’une quarantaine de
personnes. En 1930, ceux-ci demandèrent d’être évacués en Ecosse
avec tous leurs animaux domestiques.
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| En
1932, le Marquis de Bute se proposa comme acquéreur de l’archipel.
Passionné de nature, il fit en sorte que plus un seul animal
domestique ne resta sur ces îles. Il transféra à cette date
107 moutons de l’île Soay sur celle de Hirta. Il les laissa
s’y reproduire et fit de cet archipel une réserve naturelle.
En 1957, il fit don de cet archipel au « National Trust of Scotland
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