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Objectifs :
Préservation d’une race robuste et
ancestrale dans le cadre de la biodiversité. Parmi les
espèces rares de moutons, la race Soay est classée comme
très vulnérable au Royaume-Uni où il en reste un millier.
Cette race n’a pas d’intérêts économiques réels, que ce
soit pour sa viande, son lait ou sa laine. Par contre,
des conditions aussi extrêmes vécues pendant une longue
suite de générations ont évidemment donné aux survivants
actuels de la race une très grande rusticité grâce à une
sélection naturelle, malgré une certaine consanguinité.
De plus, il est primordial de préserver la diversité des
races ovines car chacune d’entre elles recèle un réservoir
génétique propre. C'est dire si sa sauvegarde mérite de
motiver des amateurs et des scientifiques soucieux de
préserver cette race dans le cadre de la diversité biologique.
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En 1992, Thierry Brusselmans et Maximilien de Neve de Roden
se sont mis à la recherche d’un « brouteur » économique et symphatique
pour l’entretien d’une partie de leur jardin ou verger. Après
des recherches tous azimuts, ils ont concentré leurs efforts
sur quelques races rustiques des îles Britanniques et parmi
elles le mouton de l’île Soay. Ils ont rencontré un petit nombre
d’éleveurs-sélectionneurs de la race chez nos voisins et ils
ont commencé à introduire en Belgique différentes lignées de
béliers et de brebis.
Par le bouche-à-oreille, un nombre de plus en plus important
de personnes se sont intéressées à cette race et ainsi s’est
crée un réseau d’éleveurs-amateurs en Belgique. Aujourd’hui,
on peut estimer le nombre d’éleveurs à 80, avec un effectif
total de 400 à 500 moutons. L'association « Belgian Soay Sheep
Breeders » a pris son essor en 1996 pour être dissoute en 2004
et être transformée en Commission Raciale Soay au sein de l’AWEOC
(Association Wallonne des Éleveurs d’Ovins et de Caprins).
Soucieuse de préserver les qualités de cette race, l’ensemble
des éleveurs partagent la même vision et s'engagent à respecter
certaines règles pour la non-hybridation de la race. En sus
du phénotype, les principaux critères de sélection sont : rusticité,
mue complète, résistance aux parasites et maladies ovines courants,
absence de piétin, agnelage naturel et sans assistance, vivacité
et autres qualités innées de la race qui lui ont permis de survivre
à l’état sauvage.
Tous les individus utilisés pour la reproduction sont marqués
et répertoriés; c’est ainsi qu'un nouvel éleveur pourra acquérir
un bélier et des brebis de lignées différentes. Il s'engage
à identifier les nouveaux agneaux et à transmettre les renseignements
nécessaires à la tenue d'un fichier. De cette façon, on réduit
les risques de sanguinité trop rapprochée, ce qui est indispensable
pour le bon développement de races ovines en voie de disparition.
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Sélection :
Phénotype et Rusticité Les moutons Soay qui vivent actuellement
en petits nombres dans des élevages contrôlés ne font pas l’objet
d’une sélection naturelle comme elle a lieu sur l’archipel de
St Kilda. La sélection arbitraire s’effectue donc de manière
très subjective, principalement sur le phénotype. Il est donc
essentiel de préserver une diversité dans le phénotype tout
en ne s’écartant pas du type original.
Taille :
Des observations ont permis de constater que le type de pâturage,
riche ou pauvre, avait une incidence sur la taille moyenne des
troupeaux Soay (cfr le standard de la race). Lors de l’expertise
ou de la sélection d’un bélier ou d’une brebis, il est recommandé
de s’informer sur les caractéristiques pastorales et sur leur
alimentation hivernale.
Toisons :
Certains préfèrent des Soays de type « laineux » et d’autres
des Soays de type « poilus », certains préfèrent des sujets
couleur marron, d’autres couleur café-crème ou beige. Le choix
est laissé à chacun, mais il est vivement conseillé de garder
sinon promouvoir cette variabilité dans les type de toisons.
Cornes :
Sur l’archipel de St Kilda, il existe des Soays avec et sans
cornes et même des Soays avec des cornes déformées. Esthétiquement,
des cornes symétriques sont toujours plus belles, mais l’important
est de ne pas utiliser des béliers avec la pointe des cornes
qui s’incurvent vers la tête (vers la mâchoire en particulier),
mais plutôt des béliers dont la pointe des cornes s’écartent
de la tête.
Viande :
la viande de Soay est une viande maigre avec un goût de venaison.
En effet, étant donné ses caractéristiques génétiques qui en
fait le plus proche parent du mouflon, un goût légèrement sauvage
se retrouve dans sa viande. Par expérience, pour avoir une carcasse
d’une bonne douzaine de kilos de viande encore tendre, l’idéal
est d’abattre ce mouton vers 15-16 mois. Bien sûr les agneaux
de l’année sont encore plus tendres, mais ils ne sont pas très
lourds ! Il ne faut pas oublier que les agneaux de l’année ont
naturellement leur croissance fortement ralentie en automne
afin de se constituer quelques réserves de graisse pour l’hiver.
Au printemps leur croissance reprend jusqu’ à atteindre leur
taille définitive en début d’été. Les études à St Kilda ont
démontré que le poids des moutons Soay croît pendant 4 à 5 ans
avant de se stabiliser.
Génotypage :
Contrôle complémentaire contre la « scrapie » ou « EST » Depuis
l’apparition en Europe de la « tremblante du mouton » (scrapie),
de l’ encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et de la maladie
de Creutzfeld-Jacob, des recherches et des programmes de surveillance
active ont été menées sur les encéphalopathies spongiformes
transmissibles (EST).
L’analyse du niveau de sensibilité génétique aux EST chez les
ovins a permis de déterminer des catégories de profils génétiques.
Ces profils sont répertoriés par des doubles allèles (allèle
= multiple forme que peut prendre un gène) : par exemple ARR/ARQ
ou ARQ/AHQ. L’apparition d’un allèle VRQ mettrait en évidence
des animaux très sensibles aux EST; par contre, l’allèle ARR
mettrait en évidence des animaux très peu sensibles aux EST.
Une mise à l’écart des animaux VRQ et l’utilisation des animaux
ARR dans les schémas de sélection sont encouragées par les autorités
publiques. Indépendamment de l’efficacité potentielle de ce
type de sélection génétique, l’abandon des critères de sélection
spécifiques à la race Soay entraînerait inévitablement une perte
de diversité génétique préjudiciable à la sauvegarde de la race.
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