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Conservé à l’état
sauvage pour des études scientifiques.
En 1952, un recensement indiqua la présence de 1114 moutons.
Entre 1952 et 1960, le nombre fluctua de 610 à 1344. Aujourd’hui
la population de Soay sur Hirta fluctue de 600 à 2000. Depuis
1959, les moutons font l’objet d’études et recherches scientifiques
relatives à leur dynamique et à leur sélection naturelles. Des
équipes successives de zoologistes, ethologues, agrostologues
et autres biologistes de diverses universités britanniquess’y
intéressent depuis 45 ans.
Un premier groupe y entreprit des études de 1959 à 1969 et un
autre de 1985 à 2000. Ils constatèrent que tous les troisièmes
ou quatrièmes hivers, les Soays vivant sur Hirta commencent
à manquer de nourriture dès que leur nombre dépasse les 1.400
têtes. Ces conditions d'affaiblissement les rendent plus vulnérables
aux maladies endémiques et aux parasitismes ovins.
Alors une véritable hécatombe emporte de 40% à 70% du cheptel
selon les conditions climatiques, la plupart des victimes succombant
en février ou mars. Mais après une chute aussi brutale de leur
population, le nombre de moutons augmente à nouveau d'une façon
exceptionnellement rapide grâce à la précocité des agnelles
survivantes.
Cette sélection naturelle qui régularise cette population de
moutons a permis de conserver les lignées les plus saines, les
plus résistantes et les plus aptes à se régénérer rapidement.
De plus amples détails des recherches faites de 1985 à 2002
sont actuellement disponibles dans l’ouvrage « Soay Sheep »
de Tim Clutton-Brock et Josephine Pemberton.
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Un fort taux d’accroissement naturel du cheptel
La période de lutte (accouplement) est limitée de fin octobre
à fin décembre, comme pour les mouflons et autres espèces de
petits ruminants sauvages, induisant des naissances de fin mars
à fin mai. Heureusement, sur Hirta qui est à la latitude du
sud de l'Alaska, les jours sont très longs au début de l'été
et, grâce au développement rapide de la végétation, la croissance
des agneaux est assurée pendant leurs premiers mois par une
surabondance de nourriture. |
| A la
mi-juin commence le sevrage, ce qui laisse aux brebis plusieurs
mois pour retrouver la bonne condition perdue pendant la période
de lactation, leur permettant ainsi d'être en état de concevoir
quand la période de lutte s’annonce fin octobre. Cette capacité
de récupérer rapidement un poids optimal a été vérifiée par
des pesées régulières de trois catégories de brebis: celles
qui n'avaient pas mis bas, celles qui avaient eu un agneau et
celles qui en avaient eu deux. Pratiquement toutes avaient atteint
le même poids en août, soit deux bons mois avant la période
de lutte. |
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Pastoralisme matriarcal et mutation
naturelle des béliers Il nous a été expliqué que les divers
espaces pastoraux sur Hirta sont généralement contrôlés par
des troupeaux de 10 à 25 brebis d’une même famille. Habituellement,
en période de lutte, un bélier adulte chasse les jeunes béliers
de l’année déjà sevrés, se bat contre les autres pour prendre
le contrôle d’un troupeau de brebis. |
| Cette
quête de troupeaux et la lutte qui s’ensuit entraîne chez lui
une dépense d’énergie importante, l’empêche de pâturer correctement
et de constituer ses réserves de graisse avant l’hiver. Les
béliers adultes sont donc les premières victimes des rigueurs
de l’hiver. Naturellement, cette situation permet de renouveler
annuellement les béliers reproducteurs au sein des troupeaux
de brebis. Les observations indiquent qu’un bélier, âgé de trois
ans en moyenne, ne contrôle un troupeau qu’une seule année.
En-dehors des périodes de lutte, la plupart des béliers vivent
en petits groupes circulant sur l’ensemble de l’île. |
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Caractéristiques phénotypiques du
Soay De petite taille, 50-55cm au garrot pour le bélier et plus
ou moins 45 cm pour la brebis, le Soay prend du poids durant
les 4 ou 5 premières années pour atteindre en moyenne 38 kg
pour les béliers et 24 kg pour les brebis de St Kilda. |
| Dans
des conditions moins extrêmes qu’à St Kilda, les animaux ont
des poids sensiblement plus élevés. En novembre, un agneau de
6 mois peut avoir un poids moyen de 20 kg sur pied. Les toisons
laineuse et poilue ressemblent fort à celle du mouflon : elles
sont de couleur marron foncé à marron clair, parfois très claires
ou très foncées, et une épaisseur de 4 à 8 cm. |
Le mouton Soay mue naturellement
au printemps, souvent après la mise-bas chez les brebis. Il
n’est donc pas nécessaire de le tondre. Le bas-ventre, les côtés
intérieurs des cuisses, l’intérieur des oreilles, le contour
des yeux et le miroir de l’arrière-train sont clairs, bien marqués.
Le dessous du menton est généralement blanc et la tête présente
un marquage clair le long du museau.
Les deux sexes portent des cornes (appelées cornettes chez la
brebis). Celles du bélier, longues de 50 à 60 cm à l’âge adulte
ont une base large et forment un enroulement presque complet
alors que chez la brebis elles ne sont longues que de 25 cm
et s’élèvent au-dessus de la tête pour s'évaser vers l'arrière
et l'extérieur.
Les pattes et les sabots sont fins, rappelant ceux du chevreuil.
Il équilibre sa ration alimentaire en broutant aussi bien les
graminées que les dicotylées et les plantes ligneuses (ronces,
berces, rumex et autres plantes de notre flore sauvage). Son
taux de conversion de biomasse végétale en énergie est très
élevé, ce qui en fait un mouton sobre et peu exigeant en hiver.
Comportement
Bien qu’il puisse s’apprivoiser assez facilement, le Soay garde
son tempérament farouche. Très vif, très observateur et toujours
aux aguets, il faut l’approcher avec calme pour ne pas l’effrayer.
Tout geste brusque éveillera sa méfiance et il s’écartera rapidement
de tout élément étranger. Comme ses ancêtres le mouflon, la
solitude ne lui convient pas et il est rassuré en vivant en
groupe. Vous observerez rapidement une hiérarchie et une organisation
qui se forme au sein d’un troupeau de Soay ; non seulement entre
les béliers, mais aussi entre les brebis qui n’hésitent pas
s’affronter de temps à autre. Vous identifierez celle qui prend
la tête du troupeau et celle qui joue le rôle d’arrière-garde,
avertissant les autres de tout mouvement suspect par un soufflement
nasal et en frappant le sol avec ses antérieurs. Curieux, le
Soay s’habituera à toute activité humaine aux alentours (tondeuse,
tronçonneuse, taille-haie,…) et aux autres animaux domestiques
de la maison (chiens, chevaux,…) pour autant qu’il ne se sente
pas menacé. Diverses tentatives d’utiliser des chiens de berger
(border collie ou autres) ont été soldées par des échecs aussi
bien en Angleterre qu’en Hollande, car un groupe de moutons
Soay se sentant bloqué dans un coin de prairie aura tendance
à s’éparpiller en petits groupes dirigés par quelques anciennes
brebis expérimentées.
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